Vite, vite, presto, presto, mercredi tout terrain en perspective, cinq cartons de VP "hyper interessantes" en main...et le chrono aussi, j'ai pas posé un RTT non plus.
L'idéal, c'est d'y être le premier jour et pile à l'heure, voire avec un tout petit peu d'avance.
Commençons par Sandro, petit chouchou de l'hiver 2009 et 2010. C'est chouette de s'organiser, la file est toute petite. Je m y'engouffre, dégaine le carton, déboutonne le col du manteau, tend la main vers le sac de remplissage géant et vois la pupille du videur se dilater et son oreillette vibrer à mon encontre.
- "Madame, je vous prie de reculer, lâchez ce sac tout de suite!
- Mais, mais..., je ne comprends rien à ce que vous dites, je n'ai rien fait, j'ai mon invit, je..."
- Et la queue, vous l'avez faite peut-être? Vous vous foutez du monde?"
Encadrée par deux molosses au regard mort, je découvris avec effroi une ligne de gens à l'infini sur un boulevard à 356 numéros. Je longeai, rouge de honte, ce rang parfait d'hommes et de femmes me jugeant avec exaspération pour mon faux tour de passe passe raté. Je tentai de leur faire comprendre par un sourire bête que je l'avais pas fait exprès, mais la compassion avait disparu. Ces visages tous figés dans l'ennui,l'insoutenable attente, et la peur obsédante de passer à coté du modèle phare en 36, m'angoissèrent subitement.
Ma décision était prise: je ne ferai pas le tapin pour une marque de fringues!
Direction Finger In The Nose, du coup avec une demie-heure d'avance. Mais c'est pas possible, file il y a déjà. Cette fois, pas de videur et ce fut bien là le problème.
-"Ma chérie, oui c'est bon, je suis dans la queue, je vous attends!"
Ah bon, mais elles vont être combien à me passer juste devant? Quatre, ah quand même...! Chéries et darlings se multipliant devant la porte sans filtre, mes doigts de pied se mirent à refroidir lentement et ma tête bouillonner devant tant d'incivilités. Malgré la rencontre de deux alliées britanniques tout à fait passionnantes, ma deuxième décision de la journée fut prise: je ne risquerai pas l'amputation pour admirer mon fils dans the doudoune.
Allez, c'est parti pour Tatoosh. Avec ce froid, j'ai les idées désormais bien claires: si queue il y a, ne serait-ce que quinze blablablafashionistas en boucle sur leurs étalages passionnants d'"affaires", JE ME TIRE!
Ouaaahhh, le champ est libre, je peux enfin ralentir ma foulée.
Après moults essayages, hésitations, de "Franchement? Non!"... ma troisième décison fut prise: bottes fourrées ne passeront pas par ma garde robe; sur 1m58, le sens du mot "jambe" dies.
Non peu fière d'avoir pu enfin rentrer chez moi avec la même somme qu'au départ, j'ai du conclure, en jetant mes dernières invits de "No more VIP", que la vente privée n'était plus.
Il faut désormais se tourner vers les petites enseignes et nouveaux créateurs qui ne rechignent pas à vous offrir une tasse de thé pour vous faire patienter dans le froid, et où les nanas ont de l'allure et du style.
Bon, Sandro s'est tout de même rattrapé: un carton pour profiter de 30% sur toute la collection et en boutique please...hummmmmm, je vais réfléchir...
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