jeudi 16 septembre 2010

La rentrée "sucks".

C'est chiant cette année ou c'est moi?

C'est l'âge?
Quand on était petit, on alignait ses nouveaux feutres fluos dans sa nouvelle trousse en cuir; on étalait ses fringues au sol pour créer des ensembles parfaits, on couvrait ses bouquins en se disant "cette année, je serai au top", on fantasmait sur les cafés dans les cafés avec les copains, on attendait avec impatience que les jours raccourcissent pour s'embrasser, on sautait de joie à l'idée de s'inscrire à la même activité que lui.
Ah oui c'est sûr, c'est moins excitant quand on est grand. J'ai plus besoin de trousse; pas le temps de réfléchir des heures durant enfermée dans ma chambre à ma tenue idéale du lendemain; faut que je couvre les bouquins des autres; mes copains ne vont plus au café; je frôle la dépression saisonnière à chaque minute perdue de soleil. Quant à l'amoureux du cours de peinture, en général, il est tapé.

C'est la crise?
Après les vacances, tous les professionnels, par magazine interposé, nous le diront: ne pas se laisser déborder par le gigantesque branlebas de combat de la rentrée, et continuer à penser à soi et se faire plaisir.
S'inscrire à un cours de gym qui correspond à son rythme et personnalité.
Se prévoir simplement des sorties avec ses amis: théâtre, ciné, resto, bar à vins, spa.
Se prévoir des pauses enchantées avec son époux: weekend à Etretat, massages ayurvédiques, babysitter autant que nous le pouvons et le souhaitons, un plateau de fruits de mer de temps en temps.
S'offrir une nouvelle coupe et un trench pour affronter la grisaille.
Ah la liberté, les petits plaisirs, ce mini-luxe à portée de main, qui nous feront oublier le stress et l'ennui d'un éternel recommencement.
Ah bon? Cela ne va pas être possible?!

C'est la morosité, le sérieux, les sujets qui animent les esprits?
En y réfléchissant, je n'ai pas ri depuis 15 jours. Pourtant, j'ai vu pas mal de monde.
C'est pas drôle l'actu c'est sûr: les roms qu'on fait semblant de ne pas virer parce qu'ils sont roms, les attentats qui menacent chaque jour de nous dégommer la tour Eiffel, le retour de la grippe A qui va enfin nous exterminer, l'immobilier qui repart mais sans nous, le président et son troupeau qui nous collent la honte internationale, les gros qui deviennent de plus en plus gros...comment notre légèreté ne peut-elle pas se laisser aspirer?
Une bonne nouvelle dans l'actu télévisuelle: Charlotte Le Bon, new miss météo du Grand Journal. Elle est décomplexée, grossière, pétillante et belle. Ça peut aider.

En attendant, pour survivre, on relit Oscar Wilde, on file au ciné, on respire profondément, et on se dit que ça va passer.